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Bemz dans la presse

Bemz mentionné dans Le Monde : Ikea met en kit les stars du design

Pour la première fois de son histoire, le roi de l’ameublement suédois s’allie avec des designers pointus et reconnus. A commencer par la star britannique, Tom Dixon.

2017.03.28 - Paru dans Le Monde:

Ikea espère-t-il une razzia dans ses magasins, comme ce fut le cas chez H&M avec la première collection à petits prix de Karl Lagerfeld, en 2004 ? A l’instar de la mode, le numéro un mondial de l’ameublement se lance dans une collaboration avec un grand nom : le designer britannique Tom Dixon. Une affaire orchestrée de main de maître pour donner à cette coédition un maximum d’écho.

Le fruit de ce mariage, Delaktig, un divan-lit du XXIe siècle, sera présente en avant-première au Salon du meuble de Milan, du 4 au 9 avril, où est attendu un demi-million de visiteurs internationaux. Le grand public est invité à tester le « living-room du futur » dans un espace industriel de 3 500 m2 du quartier bohème de Lambrate, avec festival de musique et autres « happenings ». La star Tom Dixon, elle, fera son show au Théàtre Manzoni, avec des invités triés sur le volet. Beaucoup de bruit pour une Delaktig (implication/participation en suédois), lit-banquette façon Charlotte Perriand, est en aluminium recyclé. Lampe, recharge d’appareils mobiles, tablette, etc., peuvent s’y clipser, au gré des envies. « Je l’ai pensé comme un objet en métal simple, enrichi d’accessoires qui lui donnent toute sa valeur, à la façon d’un smartphone et de ses applications, explique Tom Dixon. Ce meuble modulaire et durable va pouvoir aussi s’adapter à plusieurs usages au fil du temps : lit d’étudiant, puis canapé pour une petite famille , et enfin lit d’enfant... »

Ikea et Tom Dixon se sont retrouvés sur une idée commune : imaginer des solutions créatives convenant au chamboulement des modes de vie, de New York à Séoul. Avec 50 % de la population mondiale vivant en ville – 70 % probablement en 2050 – et l’arrivée des nouvelles technologies , « le monde a davantage changé ces vingt dernières années qu’en deux siècles », constate Marcus Engman, directeur de la création chez Ikea.
                        
« Pour beaucoup de gens, le salon est devenu la pièce la plus importante de la maison. Un endroit à la fois public et privé, où vous pouvez montrer qui vous êtes et qui vous voulez être . Mais les fonctions et le mobilier dont les gens ont besoin dans un salon changent rapidement. En tant qu’entreprise piquée de curiosité, c’est notre travail d’accepter le défi de répondre à ces nouveaux besoins », a expliqué cet enfant de la marque suédoise, où il a débuté à l’âge de 16 ans.
                        
L’idée est venue à Tom Dixon d’une plate-forme à customiser, comme un clin d’œil aux « Ikea hackers ». « Ils ont publié, un jour, un mode d’emploi qui disait : achetez chez Ikea un bol noir et doré, faites un trou à l’intérieur, et inventez une lampe Tom Dixon chic et pas chère ! Ils sont ingénieux et représentatifs du monde moderne », souligne le designer, qui a lui-même débuté en soudant, dans un garage de Londres, de la ferraille pour fabriquer des meubles... Tom Dixon a aussi emmenédans l’aventure 75 étudiants du Royal College of Art de Londres, de l’université de Tokyo et de la Parsons School de New York : ils ont planché sur le projet Delaktig pour y ajouter des fonctionnalités ou le rendre encore plus pratique. « L’industrie de l’ameublement bouge lentement et fonctionne à l’ancienne, par rapport au monde digital et à la génération millénium », ose Tom Dixon.
                
Structure du lit fournie par Ikea, poufs et accessoires high-tech par Dixon, housses «couture » par le suédois Bemz, spécialiste sur Internet du textile pour prolonger la vie des quelque 1 500 canapés et autres fauteuils de l’enseigne scandinave... Rien ne dit si Delaktig aura le succès de la bibliothèque Billy, née en 1979, dont il se vend un exemplaire toutes les six secondes. Il témoigne surtout d’une révolution au sein du Goliath suédois.
                        
Longtemps monolithique, ne travaillant qu’avec ses ressources internes en design , voilà qu’il se tourne depuis peu vers de petites marques plus luxueuses ou plus pointues que lui. A Milan, en plus de la collaboration avec Tom Dixon (censée durer dans le temps), Ikea dévoilera une édition limitée d’objets conçus avec Hay, l’éditeur danois qui monte, qui monte. Une cinquantaine d’articles (tables, étagères, divans, chaises et bureaux pour enfants, pichets, plateaux...), dans les couleurs vert sapin ou rouge sombre qu’affectionne Hay, seront mis en vente à l’automne dans les magasins Ikea.
                        
« Cela durera d’octobre à décembre, sauf si le succès est au rendez-vous et que tout part trop vite ! », relève Muriel Rolland, porte-parole d’Ikea en France. Voilà une rareté organisée qui n’était pas dans l’ADN de la démocratique enseigne, première marque à avoir proposé un mobilier astucieux, universel et abordable pour le plus grand nombre.
                                        
C’est aussi avec Colette, le magasin le plus hype de Paris , qu’Ikea entend poursuivre ses collaborations hors norme. « On peut apprendre beaucoup sur la façon [de ce concept-store] de dénicher l’objet du désir », a déclaré Marcus Engman, dans un communiqué du 21 mars, saluant les talents de Sarah Andelman, directrice artistique et cofondatrice, avec sa mère, Colette Rousseau, de la boutique de la rue Saint-Honoré. Résultat ? Une vingtaine d’articles seront commercialisés en 2018, avec des tapis, des luminaires, des chaises, inspirés par Darcel, le petit personnage en forme d’œuf cyclope créé par l’artiste australien Craig Redman (et très présent dans l’imagerie de Colette). Cette collection capsule pour « designistas » – l’équivalent en design de la fashionista – sera très « exclusive », car vendue seulement dans quelques Ikea dans le monde.
                        
En 2019, le groupe suédois lancera également la première collection africaine de son histoire, en collaboration avec le collectif Indaba, qui réunit douze créateurs de sept pays, tels le Sénégalais Bibi Seck, ou les Kényans Bethan Rayner et Naeem Biviji, spécialisés dans les meubles en bois régionaux. « Ikea s’intéresse à l’explosion créative qui a lieu en ce moment dans plusieurs grandes villes africaines. Nous voulons apprendre de ce mouvement et le répandre dans le reste du monde », a indiqué le 9 février Marcus Engman. Un autre moyen pour l’enseigne, qui ne compte encore que deux magasins sur le continent africain, de faire du buzz et d’étendre son empire.

Cette article a été publié par Le Monde 28/03/2017, écrit par Véronique Lorelle. Lire l’article original ici.